


Je suis scandalisé de voir comment le concept de Coaching est en train d’être détourné, abîmé, par quelques soit disant experts, émissions spécialisées et entreprises qui pensent surfer sur une nouvelle vague.
Pourtant, l’idée n’est pas récente, Socrate, créateur de la maïeutique (art d’accoucher les esprits), est sans doute le premier coach du monde.
Que voit-on ? Des conseillers, des psychologues, des moralisateurs, des formateurs, des donneurs de leçons. Ils promettent de l’aide mais imposent leur jugement personnel, leurs évaluations infondées et leurs conseils spéculatifs. Prétendus experts, leurs critiques détruisent définitivement tout déterminisme et toute autonomie. Leur technique est de rendre dépendant, de donner des ordres « vous devez faire ceci, être comme cela… ! ». Le comble de cet abus de confiance et de cette ingérence dévastatrice : « Le coach par SMS », en 20 textos on vous promet le bonheur intérieur, une remise en forme, un coup de pouce… Pourquoi pas une chirurgie esthétique et quelques pilules d’antidépresseur ? Virtuelles bien sûr…
C’est tout le contraire de la philosophie et de la démarche du coaching. Loin du développement personnel des coachés, le seul objectif de ces fabulateurs est de profiter du succès de cette noble discipline. Eux disparaîtront quand une nouvelle tendance viendra…
Car l’essence du coaching est de libérer le potentiel d’un joueur, d’un sportif, d’un manager et de toute personne à la recherche du dépassement de soi. C’est par exemple aider un athlète à faire face à l’adversaire qu’il porte en lui et qui est bien plus redoutable que celui et ceux qui sont ses adversaires sur le terrain. C’est l’art du questionnement qui développe les perceptions, permet d’apprendre à apprendre, par soi-même. Le coach donne une aide véritable, responsabilise et accompagne un futur champion, vers l’autonomie. La réussite du coach, c’est quand le coaché n’a plus besoin de lui.
Guy Bergeaud
Directeur Général d’Eagle’s Flight France & Coach
Tribune libre
